Réduire l'impact environnemental de l'hébergement du site de CY Cergy Paris Université grâce à une stratégie d'optimisation numérique durable — code allégé, hébergeur écoresponsable, accessibilité renforcée.
Le numérique est souvent perçu comme immatériel. Pourtant, chaque octet transféré, chaque serveur alimenté, chaque appareil fabriqué a un coût environnemental réel. Notre projet part de ce constat pour agir à l'échelle d'une université.
Le secteur du numérique représente environ 4 % des émissions mondiales de CO₂ — autant que l'aviation civile. La moitié provient de la fabrication des appareils et des infrastructures, l'autre de l'électricité nécessaire pour les faire fonctionner.
Avec 10 000 visites mensuelles et 1,08 g de CO₂ émis par visite, le site actuel de CY Cergy Paris Université génère près de 130 kg de CO₂ par an. Un gisement d'amélioration direct et mesurable, sans modifier le contenu visible.
La loi REEN, le référentiel RGAA et les certifications Green Label Code posent un cadre légal croissant. Les universités publiques ont une responsabilité exemplaire dans la transition numérique. La norme ISO 14001 cadre également les systèmes de management environnemental.
Le projet s'inscrit dans le programme All Aboard Engineering de CY Tech PréIng1. Six masterclasses tout au long de l'année ont nourri notre réflexion sur les enjeux systémiques, économiques et narratifs de la transition écologique.
7 des 9 limites planétaires déjà dépassées. Le numérique exerce une pression directe via le changement climatique et le cycle de l'eau douce (refroidissement des serveurs).
Mesure en CO₂ via les 3 scopes d'émissions et l'ACV (Analyse du Cycle de Vie). Un site mal conçu peut polluer autant qu'un trajet en voiture répété des milliers de fois par an.
Repenser le cycle de vie du produit numérique : code léger, design modulaire, images compressées. Contrairement au modèle linéaire, l'éco-conception intègre la fin de vie dès la conception.
Notre projet porte un récit de sobriété numérique : montrer qu'un autre web est possible — plus léger, plus accessible, plus respectueux de la planète, sans sacrifier l'utilité.
L'infrastructure numérique concentrée dans des datacenters urbains contribue au bilan carbone des villes. Relocaliser ou verdir ces infrastructures réduit leur dépendance aux énergies fossiles.
L'ingénieur de demain est un médiateur entre technologie, écologie et société. Concevoir sobrement, questionner l'utilité de ce qu'on développe : un engagement éthique autant que technique.
La problématique affinée : « Quelle stratégie réaliste d'éco-conception peut être mise en œuvre pour réduire l'impact environnemental du site internet de CYU tout en maximisant les bénéfices économiques et sociaux de manière durable ? »
En analysant le code HTML du site actuel via EcoIndex et GTMetrix, nous avons mesuré l'écart considérable entre sa version actuelle — 8 965 lignes de code, 332 Ko, images lourdes — et ce qu'une version éco-conçue pourrait représenter.
La méthode SMART nous a permis de structurer trois pistes de résolution : hébergeur écoresponsable, réduction de l'empreinte utilisateur, et optimisation du code. Seules la première et la troisième sont spécifiques, mesurables, atteignables et réalistes.
Le modèle de Kate Raworth (Donut Économique) a guidé notre contextualisation : le projet touche simultanément les plafonds écologiques (changement climatique, énergie) et les planchers sociaux (éducation, inclusion numérique). En éco-concevant le site CYU, on le rend accessible à tous, y compris sur des connexions lentes ou des appareils peu puissants.
Hébergeur vert : migrer vers un datacenter alimenté aux énergies renouvelables peut réduire jusqu'à 80 % de l'empreinte carbone résiduelle du site, selon les études ACV sectorielles.
Chaque piste a été évaluée selon les critères SMART. Deux ont été retenues et combinées dans notre solution finale, la troisième écartée pour des raisons de faisabilité.
Migrer vers un hébergeur alimenté aux énergies renouvelables (o2switch, Infomaniak, Planet Hoster, Ex2). Délai estimé : 2 à 3 mois. Réduction potentielle de 80 % de l'empreinte carbone du datacenter. Aucun changement visible pour l'utilisateur.
Agir sur les comportements de navigation pour limiter la consommation. Non retenue : il est impossible de contraindre les utilisateurs à consommer moins, et la temporalité est indéfinissable. Les critères S, R et T ne sont pas satisfaits.
Minimisation du HTML/CSS/JS, compression des images (WebP), design minimaliste, réduction des requêtes HTTP. Passage de 332 Ko à 1 Ko. Réduction de 99,7 % du poids de la page. Accessibilité renforcée sur connexions lentes et appareils anciens.
Les optimisations ont été réalisées sur une version prototype du site, afin de mesurer et prouver leur faisabilité. Elles n'ont pas encore été déployées sur le site officiel de CYU, dont la migration reste en attente de validation par la DSI.
| Action | Impact technique | Effet utilisateur | Bénéfice | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Minimisation du code HTML/CSS/JS | 332 Ko → 1 Ko · 0,30 g → <0,01 g CO₂ | Chargement plus rapide, fonctionne sur connexions lentes | Accessibilité renforcée, version ultra-sobre | Prototype |
| Compression des images (WebP) | 3,00 g → 0,60 g CO₂ / visite | Fonctionne sur connexions lentes, design maintenu | Performance améliorée, qualité visuelle préservée | Prototype |
| Réduction des requêtes HTTP | Moins d'allers-retours serveur, moins d'énergie | Temps de réponse réduit | Performance globale améliorée | Prototype |
| Migration hébergeur écoresponsable | Énergie renouvelable · −80 % empreinte datacenter | Aucun changement visible pour l'utilisateur | Impact structurel, solution pérenne | Non déployé |
Ambrine Abouni et Wahiba Talankite ont quitté le projet en cours d'année. Le projet a été mené à terme par les quatre membres restants.